Être une femme aujourd’hui.
- arslan ezgi
- 8 sept. 2025
- 2 min de lecture
Avons-nous eu raison de clamer notre indépendance ?
Depuis Simone de Beauvoir jusqu’à Malala Yousafzai, en passant par Emma Watson, les grandes figures du féminisme ont rêvé d’un monde rempli de femmes libres. Libres de leurs choix sexuels, libres de dire non, libres d’aimer, de travailler, d’exister à égalité avec les hommes.
Mais n’avons-nous pas, en chemin, créé un idéal presque impossible ? Dans l’ère du MeToo ,la pression sur la femme n’a jamais été aussi forte : être féminine mais indépendante, réussir une carrière brillante, assurer l’éducation des enfants, gérer le foyer et, en prime, incarner l’apogée du féminisme.
Bien sûr, nous pouvons être fières : des femmes sont devenues ministres, dirigeantes des plus grandes entreprises, figures épanouies de leur sexualité. Pourtant, des questions essentielles demeurent : la trentaine, le mariage, la maternité… Sommes-nous réellement libres dans ces choix, ou prisonnières de nouveaux codes ?
Notre société reste profondément marquée par le patriarcat. Les repas de famille en témoignent encore : “Alors, quand est-ce que tu te maries ? Tu es trop difficile. Et les enfants, c’est pour quand ?” Même lorsqu’un premier enfant arrive, l’inévitable suit : “Et le deuxième ?”
Quant au partage des tâches, la réponse reste mitigée. Les hommes “aident-ils vraiment” à la maison ? Souvent, tout dépend de l’éducation reçue. Élevons-nous des fils modernes ou des héritiers du patriarcat ? Si nous parlons d’une ère du 50/50, cela ne devrait-il pas se refléter aussi dans la sphère domestique ?
Et puis, pourquoi un père n’a-t-il que 15 à 30 jours de congé paternité, quand une mère n’a que 3 mois de congé maternité pour reconstruire son corps et son esprit ? Pourquoi, dans une société qui se dit moderne, une femme qui choisit la banque de sperme est-elle encore jugée ? Pourquoi une femme célibataire de 30 ans est-elle perçue comme un “problème”, alors qu’une femme divorcée paraît presque mieux acceptée ?
Les mœurs n’ont pas réellement évolué. Nous avons brisé des chaînes, mais il reste encore tant de poids invisibles à soulever.
Alors oui, nous avons gagné des batailles, mais la question reste ouverte : notre indépendance est-elle une conquête ou une nouvelle prison ? Dans la deuxième partie, je parlerai de ces paradoxes plus en profondeur et des chemins possibles pour réinventer nos propres règles.
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